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Le Cymbalum mundi est un livre drôle et mystérieux publié anonymement à Paris en 1537, puis à Lyon en 1538. Ce petit recueil de dialogues satiriques a très vite été examiné et « supprimé » à la suite de l’intervention exceptionnelle du roi François Ier.

Un seul exemplaire de l’édition parisienne du livre, conservé précieusement à la Bibliothèque municipale de Versailles, a survécu à la destruction. Disparue de la circulation pendant plus de 150 ans, cette étonnante « cymbale du monde » se remettra pourtant à tinter aux oreilles des amoureux de la littérature de la Renaissance avec plusieurs nouvelles éditions publiées aux 18e, 19e et 20e siècles. Les spécialistes débattent de sa signification avec passion depuis près de cinq siècles : plusieurs croient qu’il s’agit du premier texte athée de la littérature française, alors que d’autres y voient un texte parfaitement catholique ou encore un ouvrage marqué par diverses formes, plus ou moins libertines, de spiritualité évangélique.

Tous s’accordent cependant pour y voir un chef-d’œuvre méconnu, réjouissant et riche en signification, bien au-delà des interprétations religieuses. La présente adaptation en français moderne du texte original – accompagnée d’annotations, de documents explicatifs et d’une bibliographie détaillée – souhaite faire entendre la joyeuse musique de la Cymbale du monde aux lectrices et aux lecteurs du 21e siècle qui prendront plaisir à lire ces dialogues mettant en scène des dieux trop humains (le rusé Mercure surtout!), des humains pas très divins et des animaux fort bavards (le livre se termine par un dialogue entre deux… chiens).

Ces étranges personnages tiennent des propos comiques sur des questions sérieuses – l’abus de pouvoir, les inégalités sociales, le mensonge, l’appétit pour la gloire, la violence dogmatique de la religion, les mauvais traitements infligés aux animaux, la polarisation sectaire, le refus du dialogue… – qui paraissent d’une troublante actualité près de cinq siècles plus tard.

Publiée alors que s’ouvrait la parenthèse Gutenberg, la Cymbale du monde résonne à nouveau au seuil de l’ère numérique, alors que cette même parenthèse de l’imprimé semble en voie de se refermer.

Quels messages cherche-t-elle donc à nous transmettre?
LISEZ pour voir… et entendre!

Gravure de François Perrier, d’après Raphaël, c. 1625-1645

Mercure, messager des dieux.
Gravure de François Perrier, d’après Raphaël, c. 1625-1645

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