{"id":1895,"date":"2020-07-17T16:41:06","date_gmt":"2020-07-17T20:41:06","guid":{"rendered":"http:\/\/cymbalum-mundi.com\/?page_id=1895"},"modified":"2020-07-17T16:41:06","modified_gmt":"2020-07-17T20:41:06","slug":"introduce","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/introduce\/","title":{"rendered":"Introduce"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\" id=\"wpb-content-root\">[vc_row][vc_column][vc_column_text css_animation=&#8221;none&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1539794997030{margin-top: 30px !important;}&#8221;]\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 21px;\"><em>Lire le <\/em>Cymbalum<em> est agr\u00e9able. Entrevoir, \u00e0 la port\u00e9e de chacun. Comprendre : voil\u00e0 le difficile.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"text-align: right;\">Lucien Febvre<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n[\/vc_column_text][vc_column_text css_animation=&#8221;none&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1573480578955{margin-top: 30px !important;}&#8221;]\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"dropcap boxed\">L<\/span>e<em> Cymbalum mundi <\/em>(&#8220;La Cymbale du monde&#8221;) est publi\u00e9 anonymement en fran\u00e7ais \u00e0 Paris en 1537, puis \u00e0 nouveau \u00e0 Lyon en 1538. En mars 1538, le roi Fran\u00e7ois I<sup>er<\/sup> \u00e9crit lui-m\u00eame une lettre au pr\u00e9sident du Parlement, Pierre Lizet, exigeant qu\u2019on examine ce livre de dialogues satiriques o\u00f9 il aurait trouv\u00e9, semble-t-il, de &#8220;grands abus et h\u00e9r\u00e9sies&#8221;. Il s\u2019agit l\u00e0 de la seule fois de tout son r\u00e8gne (1515-1547) o\u00f9 ce roi, habituellement proche des lettr\u00e9s et des humanistes, exige qu\u2019on examine ainsi un livre en particulier.<\/h1>\n[\/vc_column_text][vc_column_text css_animation=&#8221;slideInUp&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1573495413123{margin-top: 30px !important;}&#8221;]\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Au mois de juillet 1538, la Sorbonne, bien qu\u2019elle pr\u00e9tende ne pas y avoir trouv\u00e9 &#8220;d\u2019erreurs expresses en mati\u00e8re de foi&#8221;, d\u00e9clare ce petit livre &#8220;pernicieux&#8221; et en ordonne la suppression. Une seule copie de l\u2019\u00e9dition de Paris \u2013 conserv\u00e9e dans un coffre-fort \u00e0 la Biblioth\u00e8que municipale de Versailles \u2013 a surv\u00e9cu \u00e0 la destruction, tandis que deux exemplaires de l\u2019\u00e9dition lyonnaise de 1538 sont pr\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la <a title=\"Version num\u00e9ris\u00e9e de l'\u00e9dition lyonnaise de 1538 \u00e0 la BNF\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k15202315.r=cymbalum%20mundi?rk=21459;2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Biblioth\u00e8que nationale de France<\/a> et au <a title=\"Catalogue de la biblioth\u00e8que du mus\u00e9e Cond\u00e9\" href=\"http:\/\/bibliotheque-conde.decalog.net\/opacweb\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">mus\u00e9e Cond\u00e9 du ch\u00e2teau de Chantilly<\/a>.<\/h2>\n[\/vc_column_text][vc_column_text css_animation=&#8221;slideInUp&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1573496284603{margin-top: 30px !important;}&#8221;]\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si Jean Morin, le libraire parisien qui a fait imprimer le livre en premier, subira de graves cons\u00e9quences (il est d\u2019abord condamn\u00e9 \u00e0 mort, puis \u00e0 l&#8217;exil, tandis que deux de ses associ\u00e9s seront br\u00fbl\u00e9s sur le b\u00fbcher pour avoir transig\u00e9 avec lui), l\u2019auteur anonyme, identifi\u00e9 par la vaste majorit\u00e9 des sp\u00e9cialistes comme \u00e9tant Bonaventure Des P\u00e9riers, po\u00e8te, traducteur et secr\u00e9taire de la s\u0153ur du roi, Marguerite de Navarre, ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9 par les autorit\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 sa mort en 1544. D\u2019autres \u0153uvres de cet \u00e9crivain contemporain de Rabelais et de Cl\u00e9ment Marot \u2013 dont un savoureux recueil de nouvelles (<a title=\"Version num\u00e9ris\u00e9e des Nouvelles r\u00e9cr\u00e9ations et nouveaux devis (Lyon, 1556) \u00e0 la BNF\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k791287.image\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Les nouvelles r\u00e9cr\u00e9ations et joyeux devis<\/em><\/a>) \u2013 seront publi\u00e9es apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est surtout son <em>Cymbalum mundi <\/em>qui fascine les chercheurs de la Renaissance depuis pr\u00e8s de cinq si\u00e8cles (on lui a m\u00eame consacr\u00e9, \u00e0 Rome en l&#8217;an 2000, un colloque tout entier dont les <a title=\"Cymbalum mundi. Actes du colloque de Rome (Droz)\" href=\"http:\/\/humanisme-renaissance.droz.org\/9782600008709\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">actes<\/a> font plus de 600 pages!). Constitu\u00e9 d\u2019une lettre et de quatre dialogues satiriques tr\u00e8s \u00e9nigmatiques (incluant un dialogue entre deux chiens), ce livre d&#8217;\u00e0 peine 60 pages a donn\u00e9 lieu \u00e0 une multitude d\u2019interpr\u00e9tations divergentes. Certains critiques consid\u00e8rent qu\u2019il s\u2019agit du premier texte v\u00e9ritablement ath\u00e9e publi\u00e9 en France, alors que d\u2019autres y lisent un catholicisme tout \u00e0 fait orthodoxe ou y voient diverses formes d\u2019\u00e9vang\u00e9lisme et de spiritualit\u00e9 plus ou moins libertine. D\u2019autres encore y voient surtout l\u2019inventivit\u00e9, la po\u00e9sie et la com\u00e9die.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce petit chef-d&#8217;\u0153uvre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise de la Renaissance demeure \u00e0 peu pr\u00e8s inconnu du public. Pourtant, peu importe l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019on en fait, le<em> Cymbalum mundi<\/em> reste tr\u00e8s amusant \u00e0 lire et, surtout, toujours actuel dans le portrait impitoyable qu&#8217;il brosse de notre humanit\u00e9 trop humaine. Par sa mise en sc\u00e8ne des discussions entre des dieux tr\u00e8s humains, des humains pas tr\u00e8s divins et des animaux \u00e9trangement humains, il provoque le rire et suscite la curiosit\u00e9, tout en d\u00e9non\u00e7ant notre app\u00e9tit insatiable pour les curiosit\u00e9s&#8230; comme celle-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Publi\u00e9 dans les premi\u00e8res d\u00e9cennies de la r\u00e9volution de l\u2019imprimerie (un art que l\u2019auteur de la lettre-pr\u00e9face trouve d\u00e9j\u00e0 &#8220;trop commun&#8221;), alors que se met en place la polarisation catholique-protestante \u00e0 la source des guerres de religion qui ravageront le continent europ\u00e9en pendant plus d\u2019un si\u00e8cle, ces dialogues nous parlent encore aujourd\u2019hui alors que le r\u00e8gne du livre imprim\u00e9 comme m\u00e9dium dominant tire \u00e0 sa fin et que de nouvelles polarisations d\u00e9chirent nos soci\u00e9t\u00e9s num\u00e9riques. Le<em> Cymbalum mundi<\/em> attaque la soif de pouvoir de ceux qui s\u2019arrogent le contr\u00f4le de la parole (et des textes), il se moque de l\u2019app\u00e9tit insatiable des hommes pour la gloire et l\u2019argent, il d\u00e9nonce la &#8220;vaine parole de mensonge&#8221;, la violence des dominants, les mauvais traitements inflig\u00e9s aux animaux, et ce, tout en faisant, entre les lignes, l\u2019\u00e9loge de l\u2019amour, de la po\u00e9sie, de l\u2019amiti\u00e9, de la nature, de &#8220;l\u2019utile silence de v\u00e9rit\u00e9&#8221; et de la joie de dialoguer, de lire, d\u2019\u00e9crire, d\u2019apprendre\u2026 Mais il faut faire attention, car si le <em>Cymbalum<\/em> attaque la curiosit\u00e9 maladive des humains, il peut aussi susciter la curiosit\u00e9 obsessive de ses lecteurs et\u00a0 lectrices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La publication num\u00e9rique \u00e0 Montr\u00e9al, au 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, d\u2019une adaptation en fran\u00e7ais moderne de ce livre du 16<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, imprim\u00e9 en moyen fran\u00e7ais \u00e0 Paris et \u00e0 Lyon (mais qui serait pr\u00e9tendument issu d\u2019un manuscrit en latin trouv\u00e9 \u00e0 Dabas qui transcrit lui-m\u00eame des conversations orales situ\u00e9es \u00e0 Ath\u00e8nes!) cherche \u00e0 traverser les lieux, les m\u00e9diums et les \u00e9poques pour donner \u00e0 la lectrice, au lecteur d\u2019aujourd\u2019hui un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 une parole toujours vivante. Des <a href=\"http:\/\/cymbalum-mundi.com\/notes-glossaire\/\">notes<\/a> li\u00e9es \u00e0 certains mots ou expressions offrent des cl\u00e9s et des pistes pour la lecture, des <a href=\"http:\/\/cymbalum-mundi.com\/accompagnement\/\">textes d\u2019accompagnement<\/a> et des <a title=\"Sources bibliographiques\" href=\"http:\/\/cymbalum-mundi.com\/accompagnement\/\">sources bibliographiques<\/a> permettent l\u2019approfondissement, mais le texte se suffit en lui-m\u00eame et pour lui-m\u00eame. \u00c0 pr\u00e8s de cinq si\u00e8cles de distance, ces dialogues s\u2019adressent toujours \u00e0 nous, \u00e0 vous au seuil du troisi\u00e8me mill\u00e9naire alors que, comme l&#8217;auteur le dit dans le dialogue des chiens qui conclut le\u00a0<em>Cymbalum mundi<\/em>, \u00ab\u00a0on ne sait o\u00f9 l\u2019on se trouve\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bonne lecture, bons dialogues. Ne vous g\u00eanez pas pour poursuivre la conversation en laissant vos <a href=\"http:\/\/cymbalum-mundi.com\/interagir\/\">commentaires et suggestions<\/a>, en vous joignant aux discussions sur la <a title=\"Page Facebook consacr\u00e9e au &quot;Cymbalum mundi&quot;\" href=\"https:\/\/www.facebook.com\/cymbalum\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">page Facebook du <em>Cymbalum mundi <\/em><\/a>ou en annotant le texte (et les pages d&#8217;accompagnement) avec l&#8217;extension <a href=\"https:\/\/hypothes.is\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Hypothes.is<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text css_animation=&#8221;none&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1539794997030{margin-top: 30px !important;}&#8221;] Lire le Cymbalum est agr\u00e9able. Entrevoir, \u00e0 la port\u00e9e de chacun. Comprendre : voil\u00e0 le difficile. Lucien Febvre [\/vc_column_text][vc_column_text css_animation=&#8221;none&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1573480578955{margin-top: 30px !important;}&#8221;] Le Cymbalum mundi (&#8220;La Cymbale du monde&#8221;) est publi\u00e9 anonymement en fran\u00e7ais \u00e0 Paris en 1537, puis \u00e0 nouveau \u00e0 Lyon en 1538. En mars 1538, le&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-1895","page","type-page","status-publish","hentry","entry","no-media"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1895","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1895"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1895\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1898,"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1895\/revisions\/1898"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1895"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1895"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cymbalum-mundi.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1895"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}